Mis à jour le 08 janvier 2026 à 10h49
Les dernières évaluations des espèces sauvages canadiennes du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) ont mis en évidence des enjeux complexes et variés, notamment la redécouverte inattendue d’une espèce végétale et des perspectives peu favorables pour le saumon atlantique.
Des mots du COSEPAC, le saumon atlantique fait partie intégrante de l’identité culturelle et joue un rôle important dans la sécurité alimentaire de nombreuses communautés autochtones au Canada, en plus d’être un poisson prisé des pêcheurs à la ligne.
L’organisation a évalué 19 populations distinctes de saumons atlantiques, dont les effectifs d’adultes varient de moins de 100 (intérieur de la baie de Fundy) à plus de 100 000 (nord–est de Terre–Neuve). Bon nombre des populations de saumons du Canada atlantique souffrent des effets du réchauffement des cours d’eau et continuent d’afficher des déclins abrupts, mais certaines des populations les plus septentrionales dans la baie d’Ungava et le long des côtes du Labrador croissent rapidement à mesure que la température des cours d’eau s’élève.
Le saumon atlantique est une espèce confrontée à de nombreuses menaces. La surpêche, la dégradation de l’habitat, la présence d’autres poissons, de barrages et d’obstacles dans les cours d’eau ainsi que les changements climatiques peuvent tous contribuer à son déclin. Ainsi, plusieurs de ses populations ont été évaluées « en voie de disparition ». Les efforts locaux d’amélioration de l’habitat et de repeuplement dirigés par les Autochtones, qui visent expressément à assurer l’avenir de l’espèce à long terme dans certaines régions plus au sud, se poursuivent sans relâche.
«Nous avons besoin d’un leadership fort à tous les ordres de gouvernement, même si notre travail reposant sur la persévérance et la collaboration a amélioré la situation du saumon dans l’intérieur de la baie de Fundy, a souligné Rebecca Knockwood, cheffe de la Première Nation de Fort Folly, par voie de communiqué. Le repeuplement de nos cours d’eau en saumons rétablit la santé de l’écosystème d’eau douce, contribue à guérir les blessures du passé grâce à la réconciliation et permet aux jeunes autochtones de renouer avec leur culture.»
Retour surprenant
La desmodie d’Illinois, une plante aux fleurs éclatantes de la famille des Fabacées, qui avait été observée pour la première fois au Canada en 1888, a été officiellement désignée «disparue du pays» en 1991.
Cependant, grâce à l’identification par des experts à partir de quelques photos provenant du site de science communautaire iNaturalist, elle a été redécouverte en 2019. Les botanistes de l’Ontario n’ont pas tardé à observer d’autres individus de l’espèce, mais ces derniers sont encore très peu nombreux et l’habitat de cette espèce est menacé. La désignation de la desmodie d’Illinois est passée de «disparue du pays» à «en voie de disparition».
James Pagé, de la Fédération canadienne de la faune et responsable d’iNaturalist Canada, fait valoir, dans la même communication aux médias, que: «Cela montre comment chacun peut contribuer à l’un des processus les plus importants en matière de conservation. Le fait d’utiliser iNaturalist pour prendre une photo d’une plante ou d’un animal, même si vous ne pouvez l’identifier, peut s’avérer utile pour éclairer les décisions en matière de conservation.»
Espèces préoccupantes
Outre ces espèces, le COSEPAC s’est aussi penché sur cinq espèces de papillons nocturnes présents uniquement sur l’île de Sable, au large de la côte de la Nouvelle–Écosse. Alors que cette île évoque pour nous des chevaux et des épaves; dans les deux cas, des legs humains, les insectes de l’île sont beaucoup moins connus, même par la science.
Ces cinq espèces de papillons de nuit ont commencé à tracer leur propre voie évolutive depuis des milliers d’années, après que la fonte des glaciers de la période glaciaire ait fait monter le niveau de la mer, isolant l’île au large de nos côtes.
Aujourd’hui, les changements climatiques attribuables à l’humain continuent d’élever le niveau de la mer, et la faune unique de l’île n’a nulle part ailleurs où aller. Des conditions météorologiques et des ondes de tempête de plus en plus violentes sont les principales menaces pesant sur ces cinq espèces sauvages, qui ont toutes été évaluées comme étant «préoccupantes».
Le COSEPAC a également délibéré sur la situation de trois populations d’une espèce nocturne et discrète, le blaireau d’Amérique. Les populations de la Colombie–Britannique et du sud–ouest de l’Ontario ont été évaluées «en voie de disparition», tandis que la population du centre du Canada a été considérée comme étant «préoccupante». L’ours grizzli a conservé son statut d’espèce «préoccupante» — tout comme le saumon atlantique, sa répartition s’étend vers le nord; néanmoins, il fait toujours l’objet de pressions plus au sud.
«Les espèces évaluées cette année ont permis de voir plus clairement comment une menace telle que les changements climatiques peut toucher de manière différente les espèces dont l’aire de répartition est vaste, comme l’ours grizzli et le saumon atlantique, et celles dont l’aire de répartition est restreinte, comme les espèces de papillons nocturnes insulaires, a fait remarquer David Lee, président du COSEPAC, via communiqué. Cependant, grâce à une planification et à des mesures de rétablissement collaboratives, nous pouvons protéger toutes ces espèces canadiennes essentielles.» (C.P./IJL)



