Mis à jour le 30 janvier 2026 à 17h26
Il est 12h30. Les joueurs des Cobras de l’école de la Mosaïque se présentent au gymnase pour une pratique ponctuelle de basketball. Ils sont unanimes: c’est le moment de la semaine qu’ils attendaient le plus.
Ces jeunes vivent dans l’une des unités de vie du Centre jeunesse de Laval qui offre des services d’adaptation et de réadaptation psychosociales aux jeunes âgés de 0 à 18 ans. Ils ont ainsi une réalité fort différente de la majorité des adolescents lavallois.
C’est pourquoi divers partenaires ont collaboré pour créer une équipe de basketball qui leur permet de retrouver une certaine normalité.
«À la veille de la rentrée scolaire, nous avions fait un tournoi de basketball où nos garçons ont affronté des policiers et éducateurs, explique Geneviève Beaulieu, cheffe de service en Centre d’adaptation pour jeunes en difficulté d’adaptation. Cette journée a tellement été incroyable qu’on s’est dit que ça ne pouvait pas s’arrêter comme ça.»
La direction de l’école a ainsi été interpellée et n’a pas été difficile à convaincre.
«On souhaitait déjà ajouter le parascolaire à l’expérience positive des jeunes à l’école de la Mosaïque, confirme Karine Vaillancourt, directrice de l’établissement. Ça s’est fait rapidement et tout le monde s’est mobilisé autour du projet. Nous sommes très contents!»
S’en est suivi des rencontres avec différents intervenants du milieu afin d’intégrer l’équipe au circuit scolaire du Réseau du sport étudiant du Québec.
«Quand l’idée est arrivée, les jeunes m’ont dit qu’ils ne pensaient pas que les parents des enfants dans les autres écoles accepteraient que leurs enfants jouent avec eux parce qu’ils sont des délinquants, se remémore Geneviève Beaulieu. C’est à ce moment qu’on s’est dit qu’on devait aller de l’avant, car on voulait que les garçons comprennent qu’ils ont le droit de faire partie d’une équipe comme n’importe quel autre adolescent.»
Impliquer les jeunes
Les divers intervenants se sont assurés d’impliquer les jeunes dès le départ. Ceux-ci ont imaginé leur logo et choisi le nom de l’équipe, puis la Fondation du Centre jeunesse de Laval a obtenu un soutien financier pour créer des uniformes.
«Les jeunes ont ensuite demandé à me rencontrer pour me demander si c’était possible de leur procurer les bons souliers pour pratiquer leur sport, mentionne Nadine Pagé, directrice générale de la Fondation. C’était vraiment touchant de les voir. Ils n’avaient pas besoin de me convaincre. C’était important pour nous.»
Sans surprise, l’initiative est déjà très appréciée par les jeunes basketteurs du Centre jeunesse de Laval.
«C’est vraiment agréable, affirme l’un des joueurs de l’équipe. Tout le monde est gentil et nos coachs nous font travailler. L’ambiance est bonne et on met beaucoup d’efforts pour avoir de bonnes performances.»

«Mes pratiques, j’attends toute la semaine pour ça, affirme un autre jeune. Quand ça arrive, je sais que tout le monde est là et qu’on peut avoir du fun entre nous.»
Les Cobras n’ont obtenu qu’une seule victoire depuis le début de la saison… mais quelle expérience ce fût pour les joueurs et le personnel présents!
«[Les jeunes] étaient au bord des larmes, assure Geneviève Beaulieu. Ils se sautaient dans les bras les uns des autres. C’était la même chose pour les éducateurs qui étaient venus de façon bénévole. C’était un moment très fort pour nous!»
Le groupe est également conscient que le programme en est à sa première année et qu’il devrait s’améliorer au fil des saisons.
Sentiment d’appartenance
Au-delà des résultats sur le terrain, les éducateurs notent le caractère formatif du projet.
«C’est un super beau levier d’intervention et prétexte de réadaptation, explique Mme Beaulieu. Chaque petit écart de conduite est une situation qu’on peut reprendre avec eux pour les aider à progresser.»
Elle note que des jeunes qui fuguaient à l’occasion les contactent afin de savoir s’ils pouvaient réintégrer l’équipe en revenant au centre. On constate aussi une baisse de la consommation de drogue quand ils se présentent aux pratiques et matchs.
Les Cobras comptent d’ailleurs sur l’aide de Marc-Alexandre Pelletier, agent du Service de police de Laval, qui fait partie du personnel d’entraîneurs. Il en profite pour créer un lien de confiance avec les joueurs de l’équipe.
«J’essaie d’être un mentor positif pour ces jeunes, confie-t-il. Ça ne se passe pas toujours bien dans la rue lors d’une intervention. […] C’est important de changer leur philosophie et leurs préjugés envers la police.»
Sa proximité avec le groupe incite les jeunes à le contacter quand ils ont des questions ou besoin de support.
«[Le projet] permet vraiment aux jeunes de vivre une expérience qui s’apparente à ce qu’ils vivraient à l’extérieur. […]. Ils ont un sentiment d’appartenance, ce qui n’est pas nécessairement quelque chose qui arrive fréquemment dans notre milieu. C’est beau de sentir cette fierté pour eux», complète Karine Vaillancourt.
Notons que la création de cette équipe de basketball fait déjà des petits.
L’école de la Mosaïque espère ajouter une équipe de volleyball féminin à son programme l’automne prochain, tandis que la Fondation du Centre jeunesse de Laval a obtenu un financement de 50 000$ pour la réfection de son terrain de basketball extérieur.
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