Mis à jour le 09 janvier 2026 à 13h46
À compter du 1er avril, la collecte des déchets (bac noir) s’effectuera aux deux semaines sur l’ensemble du territoire lavallois.
Idem pour le ramassage des matières recyclables (bac bleu) dont l’actuelle collecte hebdomadaire passera aux quinze jours.
Ce changement s’inscrit dans une démarche écoresponsable alignée sur les exigences métropolitaines et provinciales, fait valoir la Ville de Laval dans un communiqué publié le 8 janvier.
«Laval rejoint les autres grandes villes du Québec dans un changement écoresponsable devenu incontournable», y déclare Ray Khalil, vice-président du comité exécutif.
À cet égard, le maire Stéphane Boyer affirmait l’été dernier que parmi les 11 municipalités de la province de plus de 100 000 habitants, Laval était la dernière à entamer ce virage vert.
Numéro 2 de l’administration Boyer, M. Khalil reconnaît «qu’il s’agit d’un changement significatif dans les habitudes de la population», affirmant que les autorités municipales veilleront à ce que «l’évolution de la collecte se déroule bien et que les citoyennes et les citoyens soient bien accompagnés dans cette transition».
On le sait, à Laval, la collecte à trois voies et celle des encombrants sont des sujets particulièrement sensibles. À preuve, depuis l’implantation des bacs noirs en 2021, ces collectes dominent bon an, mal an le palmarès des plaintes formulées à l’ombudsman par les citoyens qui s’estiment lésés dans leurs droits municipaux.
Opposition
Bien qu’au moment d’écrire ces lignes, les partis d’opposition n’avaient toujours pas réagi à cette annonce, les élus d’Action Laval et de Parti Laval avaient tous enregistré leur dissidence, le 3 juin 2025, lors de l’octroi des contrats pour les services de collecte et de transport des déchets pour les années 2026 à 2031, qui réduisaient de moitié le nombre de cueillettes annuelles.
Deux mois plus tard, le 13 août, la proposition de David De Cotis de tenir une consultation publique avait été rejetée à 12 voix contre 6 au terme d’un débat qui aura duré une trentaine de minutes.
Conseiller de Saint-Bruno, M. De Cotis jugeait alors à propos de consulter les citoyens avant de réduire de 52 à 26 le nombre de collectes annuelles d’ordures ménagères, lui qui questionnait l’acceptabilité sociale d’une telle décision.
«Ce n’est même pas une question de quantité [de déchets à gérer], arguait-il, mais bien d’odeurs et de désagréments qui découlent de certaines ordures telles les couches, le film plastique et le rembourrage des barquettes de viande qui vont à la poubelle. Sans oublier les déjections canines, renchérissait sa collègue d’Action Laval, Isabelle Piché, qui suggérait de reconsidérer la fréquence des collectes durant la saison estivale.
L’idée d’espacer les cueillettes n’est pas nouvelle, s’était défendu le maire Boyer en évoquant les consultations publiques menées par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) en 2019, 2020 et 2022, affirmant du coup que tous les enjeux avaient été «analysés et testés sur le terrain».
Plan métropolitain
La décision de ramasser les ordures aux deux semaines satisfait à la 9e des 42 mesures du Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles (PMGMR) 2024-2030.
La mesure en question «prévoit que les Municipalités doivent offrir la collecte des ordures ménagères au maximum 26 fois par année, d’ici le 31 décembre 2027», précisait dans un échange de courriels Julie Brunet, directrice des Communications et Affaires publiques à la CMM, l’été dernier.
Faut-il rappeler que le PMGMR s’applique à 84 municipalités, incluant Saint-Placide et L’Épiphanie qui s’ajoutent aux 82 villes que forme la Communauté métropolitaine de Montréal.
Soixante-neuf (69) d’entre elles assuraient déjà en 2024 une collecte selon une fréquence d’une fois par deux semaines ou moins, notait Mme Brunet.
Gains
La Ville de Laval soutient que «l’optimisation de la collecte des déchets permettra de diminuer les émissions de gaz à effet de serre» qui contribuent aux changements climatiques.
Comment? Par la réduction des camions sur les routes et des quantités de déchets acheminés vers les sites d’enfouissement alors que l’objectif est de favoriser la réduction à la source, le recyclage des matières usagées et la valorisation des matières putrescibles.
À cet égard, trois Lavallois sondés sur quatre (75 %) affirmaient en 2024 avoir déjà mis en place – ou être en voie de le faire – des actions concrètes pour réduire la quantité de déchets envoyés au bac noir.
Le même sondage révélait que 66 % de la population lavalloise participe déjà activement à la collecte des bacs bleus et bruns, souligne l’administration municipale. Incidemment, depuis l’été dernier, elle affirme «accompagner la population dans la poursuite de cette transition, notamment en redoublant d’efforts en matière de sensibilisation et d’éducation».
En repoussant aux deux semaines la collecte des déchets, la Ville se donne les moyens pour réduire à 200 kg le volume de déchets produits annuellement par habitant d’ici 2030. En 2024, la production de déchets était estimée à 226 kg par Lavallois.
Enfin, cette mesure environnementale, qui entrera en vigueur dès le 1er avril, permettra de réduire de 22 % les coûts de transport et d’opération, ce qui se traduira par une économie estimée à 1,5 M$ par année.
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