Mis à jour le 08 octobre 2026 à 12h50
Selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), près d’une personne enceinte sur deux (45,9%) n’atteint pas le minimum d’activité physique hebdomadaire recommandé.
À Laval, Bougeotte et Placotine, centre d’entraînement animé par des kinésiologues spécialisées en santé féminine, entend diminuer cette proportion en accompagnant les femmes dans leur parcours maternel.
En mettant les pieds dans les lumineux locaux de Bougeotte et Placotine Laval établis au 400, boulevard Saint-Martin Ouest, dans Chomedey, les femmes trouvent réconfort, sororité ainsi qu’un espace sans jugement pour partager et bouger en toute sécurité, accompagnées de leurs enfants ou non.
(Vidéo 2M.Media – Corinne Prince | Montage – Nicholas Pereira)
Avec bienveillance et flexibilité, elles peuvent participer à des séances d’entraînement en groupe ou individuelle, des ateliers parentaux, des cours prénataux ainsi que des activités communautaires, comme des clubs de marche ou causeries.
«[Après mon accouchement], j’étais seule, je n’avais nulle part où aller et je ne pouvais plus bouger, témoigne Cristina Sammartino, propriétaire franchisée du Bougeotte et Placotine de Laval, succursale ayant ouvert ses portes il y a bientôt deux ans. Quelques années plus tard, j’ai réalisé que je voulais créer un espace pour les mères, un centre comme [Bougeotte et Placotine]. Je voulais créer ce dont moi j’aurais eu besoin quand j’ai accouché. Et Laval, c’est vraiment le désert de la périnatalité.»

Le manque de ressources périnatales dans la région est dénoncé depuis plusieurs années par la Table de concertation de Laval en condition féminine (TCLCF) et l’OBNL Mieux-Naître à Laval, qui réclament notamment la mise sur pied d’une maison de naissance.
Bienfaits
En plus des bénéfices connus pour tous, les femmes enceintes qui pratiquent régulièrement des activités physiques en retirent de nombreux bienfaits pour leur santé psychologique et physique autant que pour le déroulement de l’accouchement.
La pratique régulière d’exercice diminue le risque de dépression prénatale, la sévérité des symptômes dépressifs, le risque d’incontinence urinaire et le risque d’accouchement par instrumentation ou par césarienne, lorsque jumelé à une approche nutritionnelle, pour ne nommer que certains avantages.
«J’ai vu une réelle différence au niveau physique quand j’ai commencé à m’entraîner pendant le premier trimestre, confie Julie Robillard, maman ayant découvert Bougeotte et Placotine pendant sa première grossesse. Je n’étais plus aussi essoufflée. Tout au long de la grossesse, on grossit, donc ça devient plus difficile sur les genoux et les jambes et l’entraînement a vraiment aidé.»

Bouger en post-partum
Plus que de simples séances d’entraînement, les cours proposés par Bougeotte et Placotine visent à redonner du pouvoir aux femmes sur leur corps et leur vie en procurant de l’information concrète sur les changements que le corps subit lorsqu’il porte la vie et en soutenant les mamans dans l’atteinte des recommandations gouvernementales d’activité physique.
«Avant, on disait aux femmes qui venaient d’accoucher d’attendre 10 semaines avant de bouger, indique Cristina Sammartino. À moins qu’il y ait une fracture et qu’on ait besoin d’immobiliser, souvent, le mouvement va amener le sang, ce qui va entraîner la récupération des tissus. Non seulement c’est bénéfique de bouger en post-partum, mais c’est même encouragé. Ça peut significativement accélérer la guérison en plus d’avoir un impact positif sur la santé physique et mentale.»
À moins de contre-indication, il est conseillé de reprendre graduellement l’exercice léger dès que possible après l’accouchement afin d’améliorer le niveau d’énergie, de briser l’isolement et de favoriser le rétablissement.
Cynthia Legault, maman de deux enfants, a découvert le centre d’entraînement lavallois pendant sa seconde grossesse, après avoir vécu une dépression post-partum l’ayant confiné chez elle six mois à la suite de son premier accouchement.
«J’ai remarqué plusieurs bienfaits physiques pendant toute ma grossesse, mais surtout pour la récupération après l’accouchement, a-t-elle certifié. [À quatre semaines post-partum], je n’ai peut-être pas retrouvé toute ma force, mais je me sens mieux physiquement et aussi mentalement. C’est super d’avoir un réseau! On s’écrit au milieu de la nuit quand on ne dort pas.»

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