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De chef de gang à pasteur et directeur de centre pour jeunes

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De chef de gang à pasteur et directeur de centre pour jeunes

TÉMOIGNAGE. Asmik Jean-Jacques dirige aujourd’hui un centre de jeunes de Pierrefonds, en plus d’officier comme pasteur. À l’âge de 12 ans, il connaissait sa première incarcération en centre jeunesse.

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L’homme de 40 ans confie que son cas est un grand classique, puisque 70 % des criminels atterrissant en prison n’ont pas fini l’école et viennent d’une famille brisée. Cette histoire, il la raconte en tant que conférencier dans les écoles lavalloises et autres.

«Je leur parle de mon parcours et de mes choix, indique-t-il. La vie, ce sont les choix que tu fais.»

«Le témoignage d’Asmik est précieux, continue Claudie Bourget, agente de liaison. Il aide à déconstruire les idées reçues sur les gangs de rue et donne de l’espoir.»

La prémisse

Né en Haïti, il est arrivé au Québec au début des années 1980 avec ses frères et sa mère pour rejoindre son père installé depuis déjà trois ans. Très vite, le couple a éclaté. La jeune maman s’est retrouvée seule à élever ses quatre enfants.

«À l’âge de 10 ans, je me suis juré que je n’allais pas demander, raconte Asmik Jean-Jacques, aujourd’hui père de 4 enfants. J’allais prendre!»

Son frère aîné fraye avec une bande de jeunes des alentours. On ne parle pas encore de gang de rue dans le secteur des boulevards Saint-Michel et Pie IX. Le petit garçon apprend à «faire les sacoches» dans les arcades et en retire une valorisation. Il se découvre une nouvelle famille.

Les débuts

À 14 ans, la famille déménage à Pierrefonds. «Je fais du sport loin de la rue, mais la pauvreté, la misère et les difficultés peuvent nous amener à faire de mauvais choix.» À 16 ans, il se retrouve en centre de réadaptation, boulevard Cartier, dans Laval-des-Rapides. Il réside dans le secteur des Bleus.

«C’est dans cette école du crime que je me suis intégré comme membre à part entière, explique-t-il. On vit un conflit avec des gars de Montréal-Nord. Pourquoi? Plus personne ne le sait. On tue parce qu’ils veulent nous tuer. Tu ne poses pas de questions.»

À cette époque, il n’est pas question de gangs de rue sur l’île Jésus. Vers la fin des années 1990, on parle d’influence Rouge, principalement du côté de Saint-François.

L’ascension

À 22 ans, la bande d’Asmik se frotte aux motards. Pendant que Montréal-Nord s’acoquine avec les Rock Machine, Saint-Michel fait affaire avec les Hells Angels. Le réseau de contacts s’est établi en milieu carcéral.

«Quand je suis sorti d’une autre peine à 24 ans, j’avais appris l’idéologie qu’est l’appât du gain, souligne-t-il. Pourquoi être un singe quand tu peux être un gorille?! Sans réelle loyauté, on oeuvre tous pour un but individuel commun: l’argent. Tu te diversifies dans le vol de voitures, trafic de drogue et agence d’escortes.»

À 27 ans, le meneur est de retour derrière les barreaux. Un pasteur lui parle d’autre chose. Le déclic est quasi instantané.

«La plus grande tragédie humaine n’est pas de mourir, mais de vivre sans une raison d’être, soutient Asmik Jean-Jacques. T’as vu qu’avec 100 $ ou 100 000 $, le monde n’est pas plus heureux. Cette journée-là, j’ai vécu un changement de valeurs, prenant la décision personnelle de quitter la vie de gang, en assumant toutes les conséquences.»

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Rédacteur en chef, journaliste à la culture et aux faits divers, Benoit.leblanc@2m.media, 450-667-4360 poste : 3526

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