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Collusion dans l’asphalte, les égouts, les trottoirs, le paysagement et les pistes cyclables selon Gilles Théberge

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Collusion dans l’asphalte, les égouts, les trottoirs, le paysagement et les pistes cyclables selon Gilles Théberge

Gilles Théberge a affirmé devant la commission Charbonneau qu’il y avait de la collusion dans l’asphalte, les égouts, les trottoirs, le paysagement et les pistes cyclables à Laval.

«Dans tous les projets,il fallait essayer de s’entendre avec les autres entrepreneurs de Laval. Sintra était présent dans l’asphalte et les égouts», admet l’entrepreneur en construction à la retraite des compagnies Sintra et Valmont-Nadon.

Le «boss» c’était Vaillancourt

Après l’ex directeur adjoint de la Ville, Jean Roberge, c’est au tour de Gilles Théberge d’identifier l’ex-maire Gilles Vaillancourt comme étant le véritable «boss» du système de collusion, qui a œuvré pendant des années à Laval.

«Quand nous avions un problème sur un chantier, on nous disait d’aller voir le boss Vaillancourt. M. Claude de Guise (ex-directeur de l’Ingénierie) ne décidait pas qui allait avoir les contrats. Le boss lui donnait des directives. Il nefaisait que transmettre l’information aux entrepreneurs pour les projets à Laval», a-t-il indiqué.

Rencontre avec M. Vaillancourt

M. Théberge a demandé à Claude Asselin, ex-directeur de la Ville de Laval,une rencontre avec l’ex-maire Gilles Vaillancourt à la fin des années 1990.

«J’ai pris un déjeuner avec M. Vaillancourt au Tennis 13. J’ai compris que si on voulait vivre à Laval et y travailler, il fallait embarquer dans le système ou sinon vendre l’usine d’asphalte et s’en aller. M. Vaillancourt avait laissé entendre qu’il fallait faire «partie du système» pour que ce soit bénéfique pour Sintra», a-t-il révélé.

Ce dernier a confirmé que son entreprise remettait 2% de la valeur des contrats obtenus en argent comptant à Roger Desbois de Tecsult.

Entreprises collusionnaires

Selon M. Théberge, les entreprises faisant de la collusion à Laval et les interlocuteurs sont: Louisbourg et Simard-Beaudry (Joe Molluso), Poly-Excavation (Marc Lefrançois), Sintra (moi-même, Mario Desrochers et Nicolas Théberge, après 2000) et Valmont Nadon (moi même), Jocelyn Dufresne inc. (Jocelyn Dufresne), J. Dufresne Asphalte (Patrick Lavallée), Nepcon (René Mergl), Mergad (Mike Mergl), Desjardins Asphalte (avant 2000, Guy Desjardins, après 2000, Claude Desjardins, et Mario Desrochers), Guy Desjardins Construction (Guy Desjardins), Demix (Pierre-André Matton), ABC Construction (M. Charette et Claude Chagnon), Carl Ladouceur (Carl Ladouceur), VG Construction (François Vergilio), Ciments Lavallée (Lyan Lavallée), Arctic Beluga (Robert Lapointe n’a jamais obtenu de projets en collusion, précise Théberge, mais faisait des soumissions de complaisance),Lavallée et frères (Daniel Lavallée), les entreprises Giuliano (Giulano Giuliani), DJL (Trudel), Tomberstone (Joe Molluso), Salvex (Joe Salvo) et Beaver asphalte.

Firmes de génie-conseil impliquées

M.Théberge dit avoir travaillé avec les firmes de génie-conseil suivantes à Laval:Dessau (Gérald Gravel), McNeil Filiatrault (Alain Filiatrault), Génivar (Sophie Ménard), et CIMA (Laval Gagnon), qui ont toutes accordé de faux extras de la sorte à Sintra.

M. Thébergeest interrogé par la procureure Claudine Roy. Voici les grandes lignes de son témoignage.

Valmont Nadon Excavation

Après avoir quitté Sintra, en juin-juillet 2000, Gilles Théberge s’est joint à Valmont Nadon vers la fin de 2001.L’entreprise s’est fait accorder un contrat à Sainte-Dorothée: les géraniums, le 5 décembre 2001.

«J’ai reçu un appel de M. de Guise et la liste de ceux qui se retirent. Je leur ai donné un chiffre ou une soummission pour je sois gagnant du contrat. Ona eu un premier projet évalué à 652 000 $. Valmont Nadon a proposé 716 000 $. Ce fut son premier contrat d’égouts et aqueducs.»

100 000 à 125 000 remis à Gendron

M. Théberge allait voir son président Sintra pour avoir l’argent comptant.« Je suis aller remettre l’argent comptant à Marc Gendron, dans ses bureaux chez Tecsult. J’ai remis entre 100 000 $ et 125 000 $ à Marc Gendron de 1996 à 2000 pour la ristourne de 2 %.»

Ristourne de 2%

«Après le décompte final pour un contrat, M. de Guise transférait l’information à Marc Gendron (Tecsult), afin qu’on paye la ristourne de 2%. Je lui ai donné 35000 $ en décembre 1998. C’était un projet de 1,6 M$»

«En 98, Réjean Lavallée représentait J. Dufresne Asphalte , c’est M. Lavallée qui m’a parlé du fonctionnement du système de Laval. Je crois que toutes les autres entreprises, mis à part J. Dufresne, ont soumissionné avec les mêmes documents que Sintra. Bref, personne n’avait le plan d’exécution mis à part J. Dufresne Asphalte»

Retour sur le contrat

M Théberge fait un retour sur le contrat que Sintra a pu effectuer à Laval après avoir obtenu le plan d’exécution de Dessau, grâce à l’intervention de Claude de Guise.

«C’était pour un contrat sur le boulevard Le Corbusier, je me suis trompé ce matin, qui devait être fait avec un lien de ciment en bitume. Une nouvelle technique développée par Colas, propriétaire de Sintra.

«Jacques Lahaie avait trouvé que la technique était bonne. Il en a parlé à Claude Asselin (DG). M. Asselin m’avait dit par après qu’il voulait essayer cette technique sur un boulevard. Il avait donc donner le «OK au génie civil» pour qu’ils préparent un appel d’offres pour utiliser cette technique. « Ça devait venir d’en haut. M. de Guise a transmis ça à CIMA+, qui s’occupait des plans et devis.»

Louisbourg une exception

«Selon moi, Louisbourg était « la seule entreprise qui travaillait à Laval et travaillait sur l’île de Montréal. Louisbourg était une des entreprises qui avait le plus contrats d’égouts et aqueducs à Laval, avec Poly-Excavation.»

Louisbourg appartenait à l’homme d’affaires Tony Accurso.

»

Pause du dîner

Témoignage du matin:

Entreprises collusionnaires

Selon M. Théberge, les entreprises faisant de la collusion à Laval et les interlocuteurs: Louisbourg et Simard-Beaudry (Joe Molluso), Poly-Excavation (Marc Lefrançois), Sintra (moi-même, Mario Desrochers et Nicolas Théberge, après 2000) et Valmont Nadon (moi même), Jocelyn Dufresne inc. (Jocelyn Dufresne), J. Dufresne Asphalte (Patrick Lavallée), Nepcon (René Mergl), Mergad (Mike Mergl), Desjardins Asphalte (avant 2000, Guy Desjardins, après 2000, Claude Desjardins, et Mario Desrochers), Guy Desjardins Construction (Guy Desjardins), Demix (Pierre-André Matton), ABC Construction (M. Charette et Claude Chagnon), Carl Ladouceur (Carl Ladouceur), VG Construction (François Vergilio), Ciments Lavallée (Lyan Lavallée), Arctic Beluga (Robert Lapointe n’a jamais obtenu de projets en collusion, précise Théberge, mais faisait des soumissions de complaisance),Lavallée et frères (Daniel Lavallée), les entreprises Giuliano (Giulano Giuliani), DJL (Trudel), Tomberstone (Joe Molluso), Salvex (Joe Salvo) et Beaver asphalte.

Firmes de génie-conseil

M.Théberge dit avoir travaillé avec les firmes de génie-conseil à Laval:Dessau (Gérald Gravel), McNeil Filiatrault (Alain Filiatrault), Génivar (Sophie Ménard), et CIMA (Laval Gagnon), qui ont toutes accordé de faux extras de la sorte à SintraTecsult . «On donnait 2% en argentà Roger Desbois. J’allais moi-même porter la ristourne de 2 % à Roger Desbois à son bureau chez Tecsult.»

Soumissions de complaisance

Thébergeaffirme que les entrepreneurs de Laval allaient toujours chercher tous les documents d’appels d’offres quand ils sortaient le jeudi. «Quand Sintra n’obtenait pas un contrat, on retirait les appels d’offre, cela permettait des soumissions de complaisance.»

Aucune libre concurrence

«La marge de profit visée par les entrepreneurs était de 30 % et plus, ça comprenait le 2 %. La marge de proft est de 8 à 10 % pour les projets de libre concurrence. Il n’y a aucune libre concurrence à Laval.»

«Va voir le boss Vaillancourt»

«Quand nous avions un problème sur un chantier, on nous disait d’aller voir le boss Vaillancourt. M. de Guise ne décidait pas qui allait avoir les contrats. Le boss lui donnait des directives. Il nefaisait que transmettre l’information aux entrepreneurs pour les projets à Laval.»

M. de Guise convoquait le gagnant

«Les appels d’offres sont lancés dans Le Devoir. Il y en 10-15 en même temps, ce qui est « très important. Lasemaine suivante l’appel d’offres, le gagnant est convoqué au bureau de Claude deDeguise, qui remet la liste des autres soumissionnaires. Le gagnant était convoqué par M. de Guise au cours de lapremière semaine.»

Collusion

M. Théberge affirme qu’il y avait de la collusion dans l’asphalte, les égouts, les trottoirs, le paysagement et les pistes cyclables. «Dans tous les projets,il fallait essayer de s’entendre avec les autres entrepreneurs de Laval.»

Rencontre avec M. Vaillancourt

M. Théberge a demandé à Claude Asselin, ex-directeur de la Ville de Laval,une rencontre avec l’ex-maire Gilles Vaillancourt. «J’ai pris un déjeuner avec le maire au tennis 13. J’ai compris que si on voulait travailler à Laval il fallait embarquer dans le système de collusion. M. Vaillancourt avait laissé entendre qu’il fallait faire «partie du système» pour que ce soit « bénéfique pour Sintra.»

Cadeaux à M. de Guise

M. Théberge a remis des cartes cadeaux de 800$ à M. de Guise pour le remercier de lui avoir remis le plan d’exécution.

«L’entrepreneur qui a le plan d’exécutiion est favorisé, c’est sûr. Si personne ne m’avait donné les plans,je pense que le chantier n’aurait été jamais fait.»

Convoqué par M. de Guise

«Claude de Guise, qui voyait le chantier de son bureau, me convoque à une réunion de chantier.J’y suis alléavec un contremaître. Serge Duplessis de Dessau était là. Il avait préparé les plans et devis.»

«Pour terminer la réunion, de Guise m’a dit de me rendre chez Dessau pour obtenir un plan d’exécution différent des documents de soumission. Je n’avais pas eu ce document, mais d’autres l’avaient eu.»

Projets à Laval

M. Thébergementionne qu’il y avait eu un autre projet d’égout pluvial. «Les plans et devis mentionnaient que ça devait être installé à 3 mètres de la conduite déjà existante. Sintra avait présenté une soumission. Sintra a obtenu le projet, mais à un prix inférieur au prix coûtant.»

«Sintra a commencé le projet, mais s’est buté rapidement à du roc sur place. J’ai fermé le chantier (sur boulevard des Laurentides).Je trouvaisque le projet ne pouvait être exécuté comme prévu.»

Sintra veut percer le marché de Laval

En 1995, Sintra a fait l’acquisition de la carrièreDemix pour percer le marché à Laval. «J,ai soumis un projet à Jacques Lahaie, de la Ville de Laval. Il s’agissait de faire du pavage en ciment. CIMA prépare donc l’appel d’offres, le devis. Quand c’est paru dans les journaux, Claudede Guise, ex-directeur de l’ingénierie à Laval,lui a remis la liste des entrepreneurs qui avaient retiré les documents»

Un appeld’offres a été lancépour ce projet, lancé vers 97-98, incluait aussi de la réfection de trottoirs et de trous d’hommes. Sintra a obtenu le projet»

Faux extras avant 1990

«Michel Lalonde a déjà accordé des faux extras à Sintra (avant 1990). On donnait des cadeaux à Gilles Vézina, Michel Lalonde. Sintra donnait entre 6 000 $et 8000$ par an en bouteilles de vinà donner à fonctionnaires municipaux.»

Moins bonne qualité

Selon M. Théberge a qualité de l’asphalte est moindre depuis 10 ans. «Ça a un impact sur la réparation des nids-de-poule notamment. Il y a aussi le drainage.»

Faux extras

Sintra a compensé Luc Leclerc, ingénieur de la Ville de Montréal, pour les faux extras obtenus, en faisant son aménagement paysager à sa maison. «Tous les entrepreneurs voulaient Luc Leclerc sur leur chantier.»

Collusion dans les trottoirs aussi

M. Théberge est convaincu de l’existence de la collusion dans le domaine des trottoirs. «Nous c’était l’asphalte et eux les trottoirs. C’était une chasse-gardée de part et d’autres.»

Sintra faisait appel à BP Asphalte et Mivela

«Les entrepreneurs faisant des trottoirs àMontréal étaient liés à BP Asphalte ou Mivela. «Sûrement» qu’ils faisaient collusion. Pour la réparation des trous d’hommes et les trottoirs, Sintra faisait affaire avec BP Asphalte (Joe Borsellino)ou Mivela (Nicolo Milioto).»

M. Théberge parler des projets à Montréal.

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