Mis à jour le 30 janvier 2026 à 14h29
Jadis, la bâtisse du couvent Sainte-Domitille, qui accueille depuis décembre 1995 le Centre jeunesse de Laval, aurait été le théâtre d’agressions sexuelles sur des jeunes filles, allègue l’une d’elles, soutenue par un cabinet d’avocats qui a entrepris un recours juridique.
D’aucuns se souviendront que l’imposant bâtiment s’élevant sur le boulevard Cartier Ouest, à l’angle de l’avenue Ampère, dans Laval-des-Rapides, a abrité des religieuses de la Congrégation Notre-Dame de charité du Bon-Pasteur à partir de 1915.
Au fil des ans, l’institution a été connue sous différents noms, que ce soit «Maison Sainte-Domitille» ou «École Sainte-Domitille», se spécialisant principalement dans l’accueil et la rééducation de jeunes femmes ou filles dites «pénitentes».
En résumé, bien que sa mission s’avérait plus large, ce couvent représentait ni plus ni moins l’ancêtre des centres jeunesses pour les cas de filles et adolescentes relevant aujourd’hui de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).
Requête à évaluer
Depuis plus d’un an, après avoir rencontré une dame de 70 ans, désignée par les initiales F.S., qui allègue avoir été violée à répétition par l’une des religieuses de la congrégation, le cabinet Arsenault Dufresne Wee Avocats a travaillé sur une demande d’autorisation d’intenter une action collective contre la Congrégation Notre-Dame de charité du Bon-Pasteur (Religieuses du Bon-Pasteur) pour des agressions sexuelles commises sur des jeunes filles.
Celle-ci a été déposée devant la Cour supérieure du Québec le mardi 27 janvier. Dans cette requête, rien n’est laissé à l’imagination.
Témoignage révoltant
La demanderesse allègue avoir été coupée du monde extérieur dès son arrivée au couvent, en novembre 1970, et qu’à peine un mois plus tard, une sœur l’a pénétré de ses doigts sous prétexte «d’une forme d’éducation sexuelle».
Ces gestes se répèteront sur une longue période, en exigeant le silence, avec maintes menaces proférées. Également, au fil des mois, la demanderesse témoigne avoir vu d’autres jeunes filles être emmenées à l’écart par sa présumée agresseuse.
Cette dame, F.S., demande donc l’autorisation de représenter et d’exercer une action collective pour elle-même et toutes «les personnes, de même que leurs héritiers et ayants droit, ayant été agressées sexuellement par toute sœur», ainsi qu’un membre ou préposé de la congrégation religieuse (…) «alors qu’elles étaient élèves ou pensionnaires» au couvent (…) entre 1940 et 1971.
Du côté de la congrégation, interpellée par le Courrier Laval, on se refusait toujours à tout commentaire sur cette demande d’autorisation, en date du vendredi 30 janvier.
Victimes recherchées
Dans son communiqué, le cabinet d’avocats réitère les faits allégués par sa cliente et la vie dans ce couvent.
«Elle y a subi des agressions sexuelles répétées de la part de Soeur Yvette, qui agissait notamment comme directrice de son groupe. Ces agressions survenaient dans un contexte de contrôle absolu, d’isolement et de loi du silence imposés par les religieuses aux pensionnaires», soutiennent ses avocats.
«J’ai décidé de déposer cette demande d’action collective pour briser le silence, de déclarer F.S. dans ce même communiqué. Je devais me libérer de cet enfer que j’ai vécu avant de mourir. J’espère que d’autres oseront également dénoncer. Je vais de l’avant pour toutes les femmes qui ont été victimes à cet établissement.»
Questions sans réponse
Pour l’instant, on ignore si cette Sœur Yvette est décédée ou toujours vivante, les religieuses ne portant pas, à l’époque, leur véritable nom civil; sans oublier que la congrégation refuse pour l’instant de répondre aux questions.
On ne sait pas non plus si d’autres personnes d’autorité étaient impliquées dans des abus d’ordre sexuel sur ces jeunes filles.
«Ce n’est pas impossible, c’est ce qu’on allègue, soit qu’il y a d’autres sœurs qui ont pu commettre des agressions, étant donné le climat et règne du silence et de l’impunité qui existaient dans ce couvent fondé bien avant 1970, d’affirmer Me Antoine Duranleau-Hendrickx, avocat chargé du dossier. C’est fort possible. C’est pourquoi on dépose une action collective afin d’inviter les victimes de Sœur Yvette comme d’autres sœurs à s’inscrire au dossier.»
Dûment déposé, le dossier suivra maintenant le processus judiciaire. Si des femmes s’y reconnaissent, on espère que ces dernières contacteront le cabinet d’avocats et ajouteront leur voix à celle de F.S.
«Les victimes sont plus fortes quand elles s’unissent, de faire valoir Me Duranleau-Hendrickx. C’est important qu’elles comprennent qu’elles ne sont pas les seules. C’est pourquoi on leur dit: vous n’êtes pas seules, il y en a d’autres.»
S’il est un fait sûr et certain: énormément de jeunes femmes et filles ont fréquenté ce couvent lavallois en un demi-siècle.
Prochaines étapes
Il faudra maintenant que, dans un premier temps, la congrégation prenne position et annonce contester ou non la demande déposée à la cour, avant de même penser aux demandes préliminaires, interrogatoires et autres actions juridiques.
«Exemple, si pour Sœur Yvette, on découvre qu’elle est toujours en vie; c’est sûr qu’on voudra l’interroger», de préciser Me Duranleau-Hendrickx.
Bien sûr, si tout ce processus est concluant, la finalité potentielle sera de se rendre jusqu’au procès, à moins qu’une entente à l’amiable ne soit conclue.
Notons que toutes les personnes désirant s’inscrire à cette action collective sont invitées, de façon gratuite et confidentielle, à contacter le cabinet Arsenault Dufresne Wee par courriel à actioncollective@adwavocats.com.
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