Mis à jour le 11 juin 2026 à 22h22
Le climat d’incertitude économique découlant de la guerre tarifaire déclarée en début d’année dernière par le président américain Donald Trump n’a aucunement freiné la vitalité des investissements en sol lavallois, lesquels ont dépassé le cap des 2 milliards de dollars pour une 5e année consécutive en 2025.
Voilà ce qui ressort du rapport annuel de Laval économique, le service de développement économique de la Ville de Laval.
Adaptées par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), ces données provenant de Statistique Canada font état de quelque 2 250 000 000 $ en termes d’intentions d’investissements publics et privés.
Si ces intentions s’avèrent, il s’agirait de la 2e meilleure performance de l’histoire de Laval derrière celle de 2022 où près de 2,7 milliards avaient été enregistrés.
Ventilation
Comparativement à 2024, les investissements privés seraient en hausse de 8 % alors que les investissements publics accuseraient un recul de 6 %. Cela dit, les dépenses engagées par les gouvernements supérieurs et la Municipalité s’élèveraient à 1,2 G$, soit 150 000 000 de dollars de plus que celles émanant du secteur privé.
«Un produit intérieur brut [PIB] près de 24 milliards de dollars, des investissements dépassant les 2 milliards de dollars par année, des mises en chantier de logements records et un marché de l’emploi en pleine vigueur font de Laval un levier économique majeur», a résumé par voie de communiqué le maire Stéphane Boyer.
Selon Desjardins, le PIB lavallois aurait crû de 3,9% en 2025, un rythme supérieur à celui attendu pour l’ensemble du Québec (+3,5 %).
Boum immobilier
L’an dernier, Laval a enregistré un record avec la mise en chantier de 4613 nouvelles unités résidentielles, pulvérisant l’ancienne marque de 3234 unités qui tenait depuis plus de 15 ans.
Par rapport à l’année précédente, les mises en chantier résidentielles ont plus que doublé (hausse de 128 %), et ce, bien que la valeur totale des permis délivrés ait subi une baisse de près de 20 % pour un recul de 252 M$. Reste que les 1 063 000 000 dollars en valeur inscrits au permis de construction représentent– et de loin – le 2e plus haut niveau jamais enregistré dans l’histoire de l’île Jésus. Ces chiffres émanent de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) et du Service de l’urbanisme.
Secteur non résidentiel
L’administration municipale fait aussi valoir «la capacité de Laval à attirer des investissements majeurs et pérennes tant dans les secteurs immobiliers commercial et industriel qu’institutionnel.
Pour le secteur non résidentiel, la Ville de Laval estime à 612 millions de dollars la valeur totale des permis de construction en 2025.
«Après trois années de recul, cette valeur affiche une hausse significative de 53 % par rapport à 2024 », peut-on lire dans le rapport.
On ventile ainsi les valeurs : 260 M$ pour le secteur institutionnel, 223 M$ pour le commercial et 128 M$ du côté des industries. Cela représente des hausses respectives de 45, 61 et 56 % par rapport à 2024.
Quant aux 387 permis délivrés, ils constituent une hausse de 26 % par rapport à 2024.
Décalage
Afin de présenter un portrait le plus complet possible, le Service du développement économique a colligé des données provenant de diverses sources, notamment la Ville de Laval, l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), Statistique Canada ainsi que Desjardins Études économiques, indique par courriel le conseiller aux affaires publiques Jonathan Lévesque.
Or, les valeurs apparaissant aux permis ne se traduisent pas forcément en investissements estimés par l’ISQ pour l’année de délivrance. Ce décalage peut s’expliquer par des mises en chantier retardées ou s’étalant sur plus d’une année, mais aussi par des dépenses que comptabilise l’ISQ qui ne figurent pas au permis, à savoir des dépenses relatives aux nouvelles constructions, aux améliorations significatives apportées à des constructions déjà existantes ainsi qu’à l’acquisition de machines et d’équipements neufs.
Effet de levier
Laval économique a soutenu financièrement 60 PME qui se sont partagé 3,3 M$ de deniers publics, ce qui a permis de générer 30,3 millions de dollars en investissement sur le territoire et de créer 200 nouveaux emplois.
«Chaque dollar investi par la Ville a ainsi permis de générer près de 10 dollars en retombées économiques supplémentaires», indique la directrice Lidia Divry, soulignant que «le développement économique repose sur une vision claire et une capacité à mobiliser les bons leviers au bon moment».
Toujours en 2025, ses équipes ont accompagnées 1780 entreprises, dont 226 nouvelles sociétés.
Enfin, on souligne que le lancement en février 2025 de l’opération Prospérité Laval, un investissement de 4,5 M$ sur 3 ans visant à soutenir les exportations des entreprises lavalloises et à assurer une croissance économique durable pour la région.
À ce jour, plus de 45 entreprises lavalloises ont été accompagnées dans l’évaluation et le développement de nouveaux marchés d’exportation, précise-t-on.
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