Mis à jour le 05 juin 2026 à 11h21
Le 27 mai, une dizaine d’élèves de troisième cycle de l’école primaire Saint-François ont participé à une marche exploratoire offerte par Piétons Québec dans le cadre de la formation Ça marche! Vers des déplacements à pied sécuritaires.
Comme son nom l’indique, le programme a pour objectif d’accroître la sécurité piétonne aux abords des établissements scolaires québécois, d’éliminer le sentiment d’insécurité éprouvé par parents et élèves autour des écoles et de lutter contre la sédentarité.
Un petit groupe comprenant des représentant.e.s de l’organisme de bienfaisance, du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval, de la Ville de Laval et du conseil municipal ont accompagné enseignant.e.s, élèves et parents pendant l’activité.
Guidés par une animatrice de Piétons Québec, les élèves ont visité à la marche les alentours de l’école, témoignant de leur vécu en tant que jeune piéton et de leurs idées pour améliorer la sécurité routière à proximité de leur lieu d’éducation.
Ils ont exprimé un inconfort quant à la vitesse des véhicules, particulièrement sur le boulevard Samson, ainsi qu’un non-respect fréquent du Code de la sécurité routière. Deux accidents impliquant des véhicules et des élèves ont été relatés, illustrant l’urgence d’agir pour prévenir de telles situations.

«Je passe par [Samson] souvent et au début, je m’en foutais un peu, parce que j’étais avec ma mère, mais quand j’y ai marché seule pour la première fois, ça m’a surprise, confie une élève de 6e année. Maintenant, je suis habituée et je me sens un peu plus en sécurité parce qu’il y a un mur d’autos stationnées [entre le boulevard et le] trottoir.»
Les élèves ont aussi mentionné plusieurs enjeux liés à la température, comme des lacunes en matière de déneigement qui les contraignent à emprunter la chaussée, la présence d’énormes flaques d’eau qui restreignent l’emploi des pistes cyclables ou sentiers traversant les parcs, le manque d’infrastructures permettant de venir à bicyclette et un éclairage insuffisant.

La présence de dos d’ânes est toutefois appréciée, car elle modère la circulation routière. Celle-ci pourrait être bonifiée par l’ajout de feux piétonniers clignotants et de peinture.
La séparation temporaire entre débarcadère d’autobus et arrivée piétonnière a aussi été notée comme une amélioration, bien que cela ait été une procédure temporaire le temps que des travaux routiers soient achevés près de l’école.
Malgré tout, l’opinion collective du petit groupe était toutefois qu’il était amusant et bénéfique d’utiliser le transport actif pour se rendre à l’école Saint-François, un avis partagé par les adultes présents à la marche.
Craintes parentales
Il n’y a presque pas de marcheurs ou cyclistes avant la 5e année à l’école Saint-François, située dans Sainte-Dorothée, notamment en raison des craintes exprimées par les parents.
«J’ai peur de la vitesse de circulation, confirme une maman impliquée au conseil d’établissement. Honnêtement, [le transport actif] n’a tellement pas été une possibilité dans ma tête que je n’ai pas encore observé où mes enfants pourraient passer.»
«Mon fils m’en a parlé en 3e année, a témoigné une autre mère de famille. On habite très loin et, dans ma tête, traverser Samson, c’est impossible. C’est vrai que, même si c’est présenté en classe, nous les parents, on n’est pas sensibilisés. En marchant aujourd’hui, j’ai envisagé de le déposer plus loin [et qu’il fasse le reste du trajet à vélo].»
Marianne Henderson, directrice de l’école primaire, a manifesté son intérêt d’organiser une seconde marche conviant cette fois parents et enfants dans le but d’apaiser les esprits et de favoriser le transport actif dans sa communauté.
Dans le même ordre d’idées, des propositions de trajets sécuritaires à emprunter à pied ou vélo seront aussi communiquées aux parents.
«La route n’est pas dangereuse en soi, c’est vraiment l’affluence de voitures […] et, de la façon que le quartier est dessiné, les gens sont pressés et vont travailler, c’est trop long de suivre la route et faire tous les détours, donc ils font demi-tour devant l’école pour tout de suite repartir sur Samson, rapporte-t-elle. Ce sont ces comportements qui sont problématiques. […] Si on met les parents en confiance pour que les enfants marchent pour venir à l’école, ou qu’ils acceptent d’être déposés un peu plus loin et de terminer le trajet à pied, ça va [améliorer la sécurité du secteur].»

Actions
Simon Aubin, conseiller promotion-prévention en contexte scolaire au CISSS de Laval, a assuré que son équipe allait considérer les apprentissages de la marche exploratoire dans leurs actions futures afin de favoriser le transport actif des élèves du secteur.
Vasilios Karidogiannis, conseiller municipal de L’Abord-à-Plouffe et élu chargé des dossiers de mobilité active, a aussi certifié qu’il allait entamer des démarches inspirées du vécu des élèves en priorisant les actions pouvant être réalisées rapidement.
«J’ai trouvé ça intéressant d’avoir l’opinion des élèves, a-t-il déclaré. […] Il y a beaucoup de petites choses qu’on peut faire pour améliorer la situation, par exemple asphalter les sentiers [du parc-école Saint-François], améliorer la signalisation à l’intersection des rues Joncas et Huberdeau, parce que l’arrêt est au milieu des arbustes, et ajouter de la peinture aux traverses piétons.»

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