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20 ans après le meurtre de sa fille, la mère de Joleil Campeau se raconte

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20 ans après le meurtre de sa fille, la mère de Joleil Campeau se raconte

TÉMOIGNAGE. Vingt ans après la disparition de la petite Joleil Campeau, noyée dans un ruisseau, à Auteuil, après avoir été agressée sexuellement, sa mère Donna Senécal relate son long processus douloureux vers la réconciliation avec soi-même et la vie à travers le livre «Joleil, 9 ans pour toujours».

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Elle décrit dans une écriture spontanée, accessible et emplie d’authenticité, l’amour transcendant qu’elle ressent pour son enfant et la déchirure violente, soudaine et cauchemardesque qu’elle a dû affronter.

Cet événement tragique l’a projetée dans une autre réalité, parsemée d’étapes l’ayant menée jusqu’à l’écriture de ce véritable exutoire de près de 300 pages.

«Ce que j’ai écrit dans ce livre, c’est ma vérité», lance Donna Senécal, en entrevue avec le Courrier Laval.

Sa vie ressemble au pèlerinage de Compostelle, comme elle l’écrit elle-même, afin de retrouver cet équilibre serein, après avoir connu les affres du cercle de la douleur.

Une urgence

Cette publication était un besoin pressant. Une urgence de mettre sur papier sa vie après toutes les étapes, en partant de son histoire d’amour avec sa fille, l’interruption spontanée du quotidien avec elle, l’irréalisme de la situation, l’enterrement, la vie d’après, mais également l’arrestation de l’accusé 16 ans plus tard, l’enquête préliminaire et finalement le procès dans lequel Éric Daudelin est reconnu coupable, en 2014.

Ces écrits empreints d’une grande sensibilité mettent de l’avant des sentiments bigarrés et complexes.

Le livre est à la fois poétique et réaliste et s’adresse à tous ceux qui ont été touchés, de près ou de loin, par l’histoire très médiatisée de la fille et sa maman, devenue seule à supporter le poids du monde sur ses épaules.

«J’avais l’impression que personne, aucun organisme, aucun appui gouvernemental ou autre ne puisse quoi que ce soit pour moi», lit-on dans son livre.

 

Extrait du livre «Joleil, 9 ans pour toujours»

«J’ai lavé les murs, les rideaux et les meubles pour en détacher son odeur; elle y demeurait toujours. On m’a dit que je devrais repeindre si cela persistait. Je crois que les odeurs du nouvel ameublement et des livres de la bibliothèque ont finalement pris le dessus. Mais parfois… il arrive que j’en doute. 

J’ai compris la raison, cinq ans plus tard, en déménageant son bureau. 

Quand j’ai voulu déplacer ce meuble, j’ai découvert en dessous du dernier tiroir, resté collé contre le bois rugueux, le bas d’un des pyjamas de Joleil.

J’ai tenu ce morceau de vêtement entre mes bras, l’ai pressé de mes mains. Je l’ai appuyé sur ma poitrine; l’embrassant de mes joues avec un sentiment de peine étouffé, dans un sourire tout aussi béat, le coeur encore vautré dans l’indéfini. J’ai fermé les yeux quelques instants et j’ai respiré longuement… Quel cadeau, cet instant!

Quel enfer, aussi: ça sentait la poussière…. Et je dus encore te quitter, ma fille.»

À lire également: Son amour pour les enfants l’a sauvée

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