Autant de femmes que d'hommes se présentent aux élections
En vue de l'élection du 1er novembre, autant de femmes que d'hommes ont posé leur candidature à un poste de conseiller. Est-ce un premier pas vers un conseil municipal paritaire?
Si le PRO des Lavallois faisait élire toutes ses candidates comme ce fut le cas lors des deux dernières élections, les femmes seraient en majorité puisque le parti de Gilles Vaillancourt présente 11 femmes et 10 hommes.
Mené par Lydia Aboulian, le Mouvement lavallois présente huit femmes sur un total de 20 candidats. Robert Bordeleau, du Parti au service du citoyen, est quant à lui entouré de 10 femmes sur un total de 14 candidats.
Il est déjà certain que cinq femmes siégeront au conseil municipal puisque dans les districts Marigot, Concorde-Bois-de-Boulogne, Souvenir-Labelle, Abord-à-Plouffe et Fabreville, l'élection se joue entre candidates. À l'inverse, les secteurs de Renaud, St-Martin, Marc-Aurèle-Fortin et Ste-Rose seront représentés par un homme, peu importe le parti choisi par les électeurs.
Sandra Breux, professeur adjointe à l'Institut d'urbanisme de l'Université de Montréal, observe qu'une fois leur nom sur le bulletin de vote, les femmes sont élues dans des proportions semblables à celles des hommes. C'est dans ce contexte que la Table de concertation de Laval en condition féminine (TCLCF) a envoyé, à la mi-août, une lettre aux trois partis les sensibilisant à l'importance de présenter un nombre égal de femmes.
«Les femmes représentent 52% de la population, rappelle Emi Togo de la TCLCF. Nous sommes en quête d'une démocratie représentative, c'est pour ça que nous encourageons une représentation égalitaire afin que leurs intérêts soient représentés et qu'elles influencent la prise de décision de leur milieu de vie.»
Raisons
Lors du dernier scrutin en 2005, les Lavallois avaient choisi huit femmes pour occuper l'un des 21 postes de conseillers, ce qui représente 38% des élus. À l'échelle du Québec, les femmes occupent la mairie dans 13% des cas et comptent pour 26,6% des conseillers municipaux. Le palier municipal est le niveau de gouvernement où les femmes sont le moins présentes.
Mme Breux hésite lorsqu'on lui demande d'expliquer cette situation. «La faible présence des femmes à l'échelle municipale dépend d'une multitude de facteurs. Les dernières recherches, dont une en Estrie, ont montré, entre autres, l'importance d'être impliquée dans le milieu communautaire ou bénévole, l'importance du réseau de soutien», souligne-t-elle.
Sandra Breux fait remarquer que les chefs de parti ont tout intérêt à présenter une équipe représentative de la population. Elle ajoute que cela concerne également les personnes issues des minorités culturelles.