Manon Caron, directrice générale de la CRÉ de Laval.
(Photo: Martin Alarie)
Les femmes représentent 30 % de la force entrepreneuriale lavalloise
La plupart d'entre elles n'ont aucun employé à leur charge
En 2006, les femmes d'affaires représentaient 30 % de la force entrepreneuriale lavalloise, mais les deux tiers d'entre elles étaient des travailleuses autonomes sans personnel.
Voilà une statistique parmi plusieurs autres compilées par la sociologue du travail et chercheure à la Télé-université de l'UQÀM, Monique K. De Sève.
Dans le portrait qu'elle dresse de la situation des entrepreneures lavalloises, elle identifie à la base tous les gens d'affaires comme des travailleurs autonomes, qu'elle distingue par la suite selon qu'ils aient ou non du personnel rémunéré à leur charge.
En chiffres absolus, des 21 375 Lavallois en affaires en 2006, 6475 étaient des femmes (30,2 %), dont 4505 (21 %) étaient sans employés et 1970 (9,2 %) avec du personnel.
Tendance à la hausse
Toutefois, ces chiffres, témoignant d'une réalité vieille de deux ans, sont appelés à changer. C'est du moins ce qu'il faut croire, si on se fie aux plus récentes statistiques que tient le Centre local de développement (CLD) de Laval, responsable de la gestion du programme Jeunes promoteurs sur le territoire.
Visant à soutenir financièrement les entrepreneurs de 18 à 35 ans, désireux de fonder une première entreprise et s'engageant à créer un minimum de deux emplois dans un horizon de deux ans, ce programme fédéral sourit aux Lavalloises dans une proportion de 45 %.
Cette tendance à la hausse est également confirmée par un professeur de l'École des Hautes études commerciales (HEC), présent au colloque sur l'entrepreneuriat féminin (voir autre texte) que tenaient conjointement le CLD et la Conférence régionale des élus (CRÉ), au début du mois. «Il y a dix ans, les filles comptaient pour à peine 20 à 25 % des étudiants dans les cours de création d'entreprise, alors qu'aujourd'hui, elles sont au moins tout aussi importantes en nombre que le sont les garçons».
Et l'économie sociale?
Pour les fins statistiques, on définit comme entrepreneure «la femme qui, seule ou avec un ou des partenaires, a fondé, acheté ou accepté en héritage une entreprise, qui en assume les risques et responsabilités financières, administratives et sociales et qui participe quotidiennement à sa gestion».
Une définition qui exclut d'emblée toutes celles qui dirigent des entreprises liées à l'économie sociale, puisqu'il s'agit d'organismes sans but lucratif.
«Je me considère une entrepreneure, même si je ne suis pas propriétaire», soulignait Manon Loranger, lors de l'atelier qu'elle animait en ouverture de colloque.
Mme Loranger a fondé, il y a 14 ans, la Coopérative de soutien à domicile de Laval. Aujourd'hui, cette organisation, dont elle est toujours la directrice générale, met au travail 170 personnes et réalise un chiffre d'affaires de plus de 3 millions par année.
Manon Loranger, comme toutes les autres à la tête de ces OSBL largement dirigés par des femmes, ne fait partie des statistiques des entrepreneures lavalloises.