Amis, parents, collègues de travail ou voisins pourront acheminer des contraventions virtuelles aux inconditionnels du cellulaire au volant.
(Photo: Martin Alarie)
Des contraventions virtuelles aux accros du cellulaire
Dès d'aujourd'hui, les automobilistes qui manient le volant, cellulaire à la main, sont susceptibles de recevoir, dans leur boîte de courriel, une contravention symbolique. Une campagne de prévention originale, qui porte la signature du Département de police de la ville de Laval.
L'initiative est inusitée à bien des égards. Elle ne requiert aucune mobilisation policière et aucun déboursé pour la Ville. En prime, elle a un petit côté écolo, puisqu'elle ne génère aucun imprimé.
Inspiré des réseaux spontanés qui foisonnent sur Internet, le lieutenant Daniel Guérin, responsable des affaires publiques au Service de protection des citoyens de Laval, a imaginé une contravention virtuelle que parents, amis, collègues de travail, voisins, peuvent faire parvenir à quelqu'un qui contrevient à la loi qui interdit l'utilisation du cellulaire au volant, depuis juillet dernier.
Comment?
Pour envoyer une contravention à un proche, il suffit d'accéder au site de Ville de Laval
www.ville.laval.qc.ca), de cliquer sur l'onglet «sécurité publique» et de sélectionner «contravention virtuelle», dans le menu de gauche.
Le document est semblable aux constats d'infraction remis par les agents de la sécurité routière, à la différence près que celui qui le reçoit s'en tirera sans payer. Après avoir inscrit le nom du «contrevenant» dans la case appropriée, on l'expédie à son destinataire, par courriel.
«Ça sera suivi d'opérations répressives, environ une semaine après», indique Daniel Guérin, qui admet qu'un grand nombre d'automobilistes ne respectent pas la nouvelle législation.
Bienveillance
Si le concept est basé sur la délation, elle doit être bienveillante, précise le lieutenant Guérin. Le message qui accompagne la contravention virtuelle mentionne d'ailleurs qu'elle a été transmise «par une personne qui a votre sécurité et celle des usagers de la route à coeur».
Les autorités policières veilleront à ce que ces constats ne soient pas utilisés pour harceler ou pour intimider leurs destinataires. Les informations personnelles ne seront pas conservées, ne pourront servir lors d'opérations répressives par la suite, ou servir à d'autres fins.
Délinquants nombreux
Après plus de 500 contraventions remises depuis juillet, à Laval, dans le cadre d'opérations policières ou par des véhicules banalisés, les policiers sont en mesure de fournir le portrait-robot du contrevenant type.
«Entre 25 et 40 ans, évalue Daniel Guérin. Quelqu'un qui travaille sur la route, un professionnel, en général quelqu'un qui a beaucoup de choses à gérer.» L'excuse la plus courante? «J'ai le main libre, mais je ne l'ai pas utilisé.»
L'infraction coûte 115$ et trois points d'inaptitude à ceux qui la commettent. Le fait d'avoir immobilisé son véhicule n'est pas suffisant. Arrêter dans l'accotement pour prendre un appel, par exemple, n'est pas permis.
«On tolère, dans le cas d'un accident ou d'un bris mécanique, explique Daniel Guérin. Dans un stationnement, par contre, c'est OK.»
Une étude réalisée dans la province, en 2001, révélait qu'un conducteur qui utilise un téléphone cellulaire a 38% plus de risques d'accident.