Pierre Brien, candidat solidaire dans Fabre.
(Photo: Martin Alarie)
Québec solidaire, l'autre parti
Les candidats lavallois de Québec solidaire se présentent comme «la seule formation politique véritablement distincte dans ces élections», dénonçant le néo-libéralisme et le désengagement de l'État que préconisent, à peu de différences près, les trois partis représentés à l'Assemblée nationale.
Militant de gauche de longue date, le candidat solidaire dans Fabre, Pierre Brien, a évoqué la locution «bonnet blanc, blanc bonnet» en parlant des vieux partis [Parti libéral et Parti québécois]. Il ajoute que, malgré ses airs de renouveau, il suffisait de gratter un peu le vernis de l'Action démocratique du Québec pour redécouvrir «les vieux squelettes du temps de Duplessis», évoquant ainsi l'option autonomiste défendue par le chef Mario Dumont.
Détenteur d'une maîtrise en sociologie, M. Brien a insisté sur la nécessité de bâtir un parti gauchiste crédible, pragmatique et rassembleur au Québec.
Combattre la pauvreté
Invité à ce point de presse, tenu mardi matin, François Saillant, qui défend les couleurs de Québec solidaire dans Rosemont, a souligné que Laval avait son lot de «locataires et de démunis» et qu'on y retrouvait «beaucoup d'iniquités et d'injustices». Il étaye son propos, en citant les 23 000 Lavallois vivant avec un problème de pauvreté alimentaire.
En matière de lutte contre la pauvreté, M. Saillant, reconnu pour son militantisme au sein du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), n'a pas manqué de dénoncer le silence du Parti libéral et de l'Action démocratique. «Ils n'ont pas prononcé un traître mot sur le logement social.» De l'ajout de 50 000 logements sociaux que propose son parti sur un horizon de cinq ans, Laval en hériterait de 1700, reprend François Saillant.
Enfin, il a fait une sortie en règle contre le salaire minimum, qu'il souhaite voir hausser à plus de 10,42 $ de l'heure. «On ne peut pas accepter que des personnes travaillant 40 heures par semaine vivent sous le seuil de la pauvreté», a-t-il terminé, avant d'exhorter les Lavallois «à poser un geste utile», en votant pour leur candidat de Québec solidaire, des gens «représentatifs de la population, et non pas juste de l'élite».
Un discours qui a trouvé écho auprès d'une sympathisante du parti. Chef de famille monoparentale de deux adolescents, cette dame a livré un poignant témoignage sur la «gymnastique économique» des parents élevant seuls leurs enfants. «Il n'y a pas un matin que je me lève sans me demander comment je vais faire pour me rendre jusqu'à vendredi», dit-elle, et ce, en dépit qu'elle gagne tout de même un «assez bon salaire». Elle n'ose pas imaginer la détresse qui habite celles qui gagnent moins de 18 000 $ par année.
«Les partis n'en ont que pour la famille traditionnelle; il est urgent de s'occuper des parents à faible revenu», a-t-elle lancé. Une intervention qui a fait dire à la candidate solidaire dans Chomedey, Francine Bellerose, que Québec solidaire défendait justement les intérêts des 83 % de la population québécoise, gagnant moins de 50 000 $ par année.
Enjeux régionaux
Par ailleurs, Audrey Boisvert, candidate dans Vimont, a plaidé en faveur de la création d'un centre pour contrer l'itinérance dans Laval, l'ajout de logements sociaux pour les personnes âgées moins fortunées, la sauvegarde des îles de l'archipel Saint-François et de la hausse des investissements dans les infrastructures en transport en commun.
De son côté, Nicole Bellerose, qui brigue les suffrages dans Mille-Îles, souhaite une redistribution plus équitable de la richesse dans la collectivité, et non plus au profit de ces multinationales qui privent l'État de milliards de dollars en retombées fiscales en recourant aux «paradis fiscaux».
Quant à Sylvie DesRochers, qui se présente dans Laval-des-Rapides, elle espère décrocher 5 % du vote tant dans son comté dans la région de Laval qu'à l'échelle du Québec, rêvant de voir Françoise David et Amir Khadir, tous deux co-porte-paroles du parti, ravir au Parti québécois les comtés de Gouin et Mercier, le 8 décembre prochain.