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La chasse au poseur d’armature du viaduc, suite et fin

La Commission Johnson ajourne ses travaux jusqu’en juillet

Nathalie Villeneuve par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 19 juin 2007 à 13:02
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La chasse au poseur d’armature du viaduc, suite et fin
Le nouveau viaduc de la Concorde a été mis en service la semaine dernière, cinq mois après sa mise en chantier.
La chasse au poseur d’armature du viaduc, suite et fin
La Commission Johnson ajourne ses travaux jusqu’en juillet
Qui a installé l’armature du viaduc de la Concorde? La question était restée pendante depuis l’ajournement des audiences de la Commission Johnson, le 17 mai. Deux nouveaux témoins entendus ce matin font converger les projecteurs vers un sous-traitant… qui a nié avoir travaillé sur ce viaduc il y a quelques semaines.
«Je n’ai jamais fait de travaux là», a affirmé Raymond Bernard, en mai, devant les membres de la Commission d’enquête sur le viaduc de la Concorde. Par «là», M. Bernard entendait les viaducs de la Concorde et de Blois.

Propriétaire d’une entreprise d’installation d’armature d’acier fondée à la fin des années 1960, M. Bernard a reconnu avoir effectué de la pose de tiges d’armatures pour le compte de l’entreprise Acier d’armature de Montréal. Mais sur le viaduc Saint-Martin seulement, a-t-il affirmé à plusieurs reprises.

Acier d’armature de Montréal effectuait elle-même de la sous-traitance pour l’entrepreneur général, Inter State Paving, qui a hérité du contrat de construction des quatre viaducs de l’autoroute 19, octroyé par le ministère de la Voirie — aujourd’hui rebaptisé ministère des Transports — à la même époque.

Les deux derniers témoignages factuels entendus par la Commission aujourd’hui émettent un sérieux doute sur les affirmations de Raymond Bernard.
Contradictions
Le témoignage de M. Bernard contredit celui de deux témoins, dont celui de Régis Saint-Laurent, qui a affirmé catégoriquement, ce matin, avoir été à l’emploi de Raymond Bernard au début de la construction du viaduc de la Concorde, à l’été 1970. «J’ai fait une pose d’acier dans la culée est, c’est tout», a affirmé M. St-Laurent.
Ce dernier a été incapable d’établir si son employeur, Raymond Bernard, avait eu la responsabilité de l’installation de l’armature du début à la fin de la construction du pont d’étagement qui s’est effondré en septembre dernier.

Un autre témoin, entendu le 17 mai, a également dit avoir été à l’emploi de M. Bernard, à la fin des travaux de construction du viaduc. Il s’agit de Jean-Claude Lessard, un ferrailleur qui a appris son métier sur le tas. N’étiez-vous pas plutôt à l’emploi de Raymond Lessard? avait demandé Raymond Bernard à Jean-Claude Lessard, en mai.

Afin de dissiper les doutes, ce Raymond Lessard, un autre sous-traitant de l’entreprise Acier d’armature de Montréal, a été invité à comparaître ce matin. Il a affirmé devant la Commission ne pas avoir travaillé sur le viaduc de la Concorde.

Le procureur en chef de la Commission d'enquête, Michel Décary, avait réagi avec surprise, il y a quelques semaines, quand un témoin lui avait appris que Raymond Lessard était toujours vivant.En marge des témoignages de mardi, Me Décary a livré une version différente des faits: la Commission n'avait d'abord pas cru bon d'interroger M. Lessard, parce qu'il ne paraissait pas être un témoin important.
Établi clairement
Au terme de la séance de mardi, qui n’a duré qu’une heure, Me Décary a fait comprendre que les commissaires étaient en mesure de tirer leur conclusion, quant à la pose d’armature sur le viaduc de la Concorde. «Il est établi clairement que M. Bernard a exécuté ce contrat», a-t-il laissé tomber devant des journalistes.

Les témoignages recueillis depuis le début des audiences publiques, en avril, convergent tous vers une même piste: la pose d’acier d’armature, à l’intérieur de la structure du viaduc, serait à l’origine de la rupture qui a causé la mort de cinq personnes, il y a près de neuf mois.
Mais au-delà de cet élément de l’enquête, Me Décary a dit s’intéresser à la chaîne de commandement tout au long de la construction du pont. «On essaie de déterminer comment se faisait la surveillance, à tous les niveaux.»

Lors des deux derniers témoignages livrés mardi, il est apparu, encore une fois, que les nombreux acteurs qui ont agi sur le chantier du viaduc ne se préoccupaient plus de la surveillance, une fois le contrat accordé à un sous-traitant.

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